Facturation de Paxlovid : les équipes officinales risquent de trinquer - 06/05/2022 - Actu - Le Moniteur des pharmacies.fr
 
06/05/2022 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Facturation de Paxlovid : les équipes officinales risquent de trinquer

Le tarif pour la dispensation de Paxlovid selon le nouveau dispositif est publié. Il a nettement été revu à la baisse. Un manque à gagner pour l'officine malvenu, alors que la revalorisation des salaires des équipes officinales est en discussion.  
Getty Images/iStockphoto

La publication au Journal officiel du 6 mai d’un arrêté du 5 mai sur les modalités de délivrance et de facturation de Paxlovid (nirmatrelvir/ritonavir), l’antiviral de Pfizer utilisé dans le traitement des adultes atteints de Covid-19 présentant un risque élevé d’évolution vers une forme grave de la maladie, est tombée comme un couperet.

En effet, le gouvernement a profité du changement de modalité de commande de ce médicament à compter du 6 mai 19h, de la plateforme du laboratoire Pfizer vers le circuit traditionnel de la répartition, pour baisser l’honoraire de dispensation du pharmacien de 9,22 € TTC (TVA à 2,1 %) à 3,57 €, soit une baisse de 5,65 €. En rajoutant l’honoraire à la boîte (1,02 € TTC), l’honoraire de dispensation à l’ordonnance (0,51 € TTC) et le cas échéant, l’honoraire lié à l’âge en cas de délivrance à un patient de 70 ans et plus (1,58 € TTC), la rémunération du pharmacien est donc de 5,10 € TTC (contre 10,75 € TTC auparavant) ou de 6,68 € TTC (contre 12,33 € TTC auparavant).

Illogique pour l’USPO, inacceptable pour la FSPF

« Cette baisse de rémunération est illogique ! », réagit Pierre-Olivier Variot, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), à l’encontre de l’Assurance maladie car le ministère de la Santé n’a fait qu’entériner sa décision. « Lorsque le pharmacien saisit un résultat de test antigénique sur SI-Dep, il est rémunéré 1,90 euros. En revanche, on lui retire 5,65 euros parce qu’il ne saisit plus une commande de médicament sur une plateforme », explique-t-il.

Cette baisse de plus de 60 % ne passe pas du tout à la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) qui ne se soumet pas à cette décision prise sans concertation par le Gouvernement. « S’agissant d’un médicament qui nécessite une attention particulière en raison de nombreuses interactions, contre-indications et conditions d’utilisation, la FSPF n’accepte pas cette baisse pour un tarif qui était à l’origine déjà insuffisant », indique le syndicat. « Si nous étions rémunérés selon les règles habituelles, nous percevrions 36 € environ par délivrance », fulmine Philippe Besset, président de la FSPF.

Le calcul est vite fait : le pharmacien va percevoir moins de 10 % de cette somme. Refusant cette baisse de rémunération malvenue en « cette période d’inflation où nous devons prendre garde au maintien du pouvoir d’achat de nos équipes (équipes dont nous faisons partie intégrante) », la FSPF demande la mise à disposition de Paxlovid selon le circuit de distribution habituel, en mettant fin au stock Etat et en la soumettant à l’application des règles de droit commun de rémunération des pharmaciens.

Une mention spéciale sur l’ordonnance

Les modalités de délivrance définies dans l’arrêté sont sans surprise, confirmant la mise en place du dispositif de l’ordonnance de dispensation conditionnelle subordonnée à la présentation du résultat d’un test positif (sauf si le prescripteur est déjà en possession d’un tel résultat). Ladite ordonnance devient caduque dans un délai maximum de cinq jours, à compter de la date de la prescription. Elle doit faire figurer la mention  en toutes lettres sur l’ordonnance : « si test antigénique ou PCR positif sous cinq jours calendaires », cette mention étant rattachée à la dénomination commune du médicament.



François Pouzaud

Les dernières réactions

  • 07/05/2022 à 11:39
    pharmacovigilant
    alerter
    Complètement démotivant !
  • 07/05/2022 à 13:59
    pharmacovigilant
    alerter
    Mais comme nous sommes des professionnels de santé consciencieux , nous allons quand même bien faire les choses , en vérifiant les interactions , en donnant bien tous les conseils ,etc..... comme si nous avions une juste rémunération .
    Mais il y e a marre du mépris !
  • 10/05/2022 à 13:04
    Trovitch63
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    Vous savez si la remuneration n'est pas adequat, un simple geste : "PAVLOXID ! ben on a n'a plus..." et avec la liste phénoménale de rupture....Plutot que de s'indigner, de dire "ah ben y sont pas gentils au gouvernement...."
  • 10/05/2022 à 14:37
    galenus
    alerter
    Mépris... Certes. Nous sommes habitués maintenant !

    Mais la perte de marge engendrée sur la dispensation de quelques boîtes, n'est rien en comparaison du rabotage incessant sur d'autres principes actifs aux volumes importants...
    Perdre quelques euros et des milliers à côté...
    Le choix est fait. De toute façon, le choix est imposé dans les 2 cas !

    Bons serviteurs que nous sommes...

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