Achat pharmacie Vente pharmacie

Transactions 2015 : le marché retrouve des couleurs


Le marché des transactions d’officines est plus que jamais entre les mains des acheteurs. Le mouvement continu de baisse des prix des fonds s’est accentué en 2015. Cette nouvelle correction des prix a permis de débloquer le marché. Les volumes de transactions reprennent, essentiellement au travers des cessions de parts sociales, dans un contexte financier favorable aux acquéreurs puisque les taux d’intérêt restent extrêmement bas.
Sur le plan économique, les inquiétudes sur la nouvelle rémunération des pharmaciens n’ont pas refroidi les ardeurs des acheteurs qui constatent, que malgré les baisses de prix sur les médicaments remboursables, le chiffre d’affaires de l’officine se maintient grâce aux ventes de médicaments OTC, de dispositifs médicaux et de parapharmacie et que la marge est stable grâce aux remises génériques.
Sur le plan politique, la visibilité est également meilleure. Si le projet de réforme des professions réglementées de la loi Macron a effrayé tout le monde en 2014, gelant le marché pendant plusieurs mois, le retour à la confiance s’est installé progressivement au cours du premier semestre 2015 chez les acquéreurs, expliquant le réveil des transactions observé sur le second semestre.

Des cessions à des « prix économiques »
Les tassements observés depuis plusieurs années se confirment. La baisse des prix a été plus prononcée sur l’année 2015 en comparaison avec 2014. Avec une chute de 4 points, le prix moyen France entière s’établit désormais à 76 % du CA HT, soit un recul de 19 points depuis l’inflexion amorcée en 2009.
Les transactions montrent un visage désormais plus réaliste et cohérent d’un point de vue économique. Le ratio prix de vente sur l’EBE se rapproche, année après année, de la valeur jugée normale qui se situe autour de 6 fois l’EBE. En 2015, la baisse des prix en multiple de l’EBE est de 0,3 point, le prix de cession moyen France entière ressortant à 6,2 fois l’EBE.
Néanmoins, une proportion significative (plus de 20 %) de pharmacies reste valorisée à un prix supérieur à 7,5 fois l’EBE.
Aujourd’hui, la poursuite de ce mouvement de reprise paraît inéluctable. Les adjoints ne peuvent pas indéfiniment retarder le moment de leur installation et leurs aînés celui de leur départ à la retraite.
Les départs à la retraite resteront pour les années à venir le principal facteur d’animation du marché. Mais attention ! Seuls les vendeurs qui consentent une révision à la baisse de leur prétention trouveront preneurs. 
Pour le reste, les fondamentaux du marché demeurent. La taille de l’officine est un critère de valorisation de plus en plus déterminant. La baisse des prix est plus marquée pour les petites officines de moins de 1500 k€ de CA (- 3,5 points à 68 % en moyenne) que pour les officines de plus de 1500 k€ de CA, valorisées en moyenne à 82 % du CA HT (- 2,1 points par rapport à 2014).
Les acquéreurs préfèrent être titulaires dès la première installation d’une officine de taille importante, quitte à s’associer au besoin avec un investisseur. Mais ils ne dédaignent pas acheter seul une petite officine à prix bradé à condition que son emplacement soit bon et qu’elle n’ait pas de difficultés à maintenir son CA, voire à le développer.

En volume
Globalement, l’année 2015 enregistre plus de 1400 mutations (fonds + parts) contre 1360 en 2014, soit une hausse de 3 %. Cette reprise des volumes est due à l’augmentation du nombre des cessions de parts sociales qui se poursuit pour la deuxième année consécutive (530 cessions en 2015, + 9 % par rapport à 2014).
Concernant le nombre de cessions de fonds, l’interruption de la tendance baissière observée depuis 3 ans, entre 2011 et 2014, est révélatrice du dégel du marché. 875 cessions de fonds ou apports en société ont été recensées en 2015, soit quasiment autant qu’en 2014.
L’animation du marché est portée par les primo-installations alors que les ventes/réinstallations en cours de carrière restent très timorées.

En valeur
La baisse des prix de cession frappe sans distinction toutes les tailles et typologies de pharmacies. Les achats coup de cœur sont devenus exceptionnels. Les acheteurs ne s’engagent que sur un prix en cohérence avec la valeur économique de l’officine, que celle-ci soit petite ou grande.
Concernant les prix de cession par niveau de CA, les petites officines sont de plus en plus faiblement valorisées par rapport aux grandes pharmacies. Ainsi, le prix de vente moyen selon la taille oscille entre 64 % pour les pharmacies de CA inférieur à 1,2 M€ (baisse de - 4,2 points par rapport à 2014) et 83,1 % pour celles de plus de 2 M€ de CA (- 3,6 points).
Concernant les prix de cession par type d’officine, les pharmacies des centres commerciaux –généralement de taille importante – demeurent les plus valorisées en 2015 à 83,7 % du CA HT en moyenne. A l’opposé, le prix moyen des pharmacies de quartier, les plus faiblement appréciées, s’établit à 71,2 % du CA HT. Malgré un écart de prix de 12,5 points entre ces deux catégories d’officines, elles accusent la même baisse de prix (- 7 points). Cela s’explique par le poids élevé des charges (loyers notamment) des pharmacies de centrecommercial qui affecte fortement leur rentabilité, et donc conduit à une correction importante des prix vers le bas, malgré leur taille importante.

Une configuration différente des prix en fonction du mode de valorisation
La situation géographique n’est plus un critère déterminant du prix de cession. En pourcentage du CA HT, Les prix moyens les plus chers sont relevés en Bretagne (86 %) et en Normandie (81 %) et les plus bas à Paris (72 %) et en Ile-de-France (65 %).  En revanche, la carte de France des prix de cession au regard de la rentabilité présente une configuration fort différente de celle des prix en fonction du CA HT. Les prix les plus élevés en multiple de l’EBE s’observent à Paris (6,8), en PACA (6,7) et en Champagne-Ardenne-Alsace-Lorraine (6,5).

La tendance prévisible en 2016 : une poursuite de la baisse des prix, une augmentation des cessions de parts sociales.
La chute des prix et corrélativement la hausse des volumes de transactions (accélération des ventes de parts de SEL) devraient se poursuivre en 2016. Les départs en retraite vont s’amplifier, d’où un rapport nombre de vendeurs/nombre d’acheteurs très favorable à ces derniers qui tiennent plus que jamais le marché en main, y compris sur les officines les plus recherchées.



Les prix par région (prix de vente moyen en % du CA HT en 2015)

Région Prix de vente moyen en % du CA  HT Prix de vente moyen en multiple de l’EBE
Alsace
Poitou-Charentes
Limousin
80 % 6,2
Bourgogne
Franche-Comté
75 % 5,8
Bretagne 86 % 5,7
Centre 73 % 6,2
Champagne-Ardennes
Lorraine
Alsace
77 % 6,5
Corse NS NS
Ile de France - hors Paris 65 % 6,3
Midi-Pyrénées
Languedoc-Roussillon
78 % 6,2
Nord
Pas-de-Calais
Picardie
78 % 5,7
Normandie (Basse et Haute) 81 % 5,8
Paris 72 % 6,8
Pays de Loire 74 % 5,9
Provence
Alpes-Côte d'Azur
80 % 6,7
Rhône-Alpes
Auvergne
79 % 6,1

Sources : données Interfimo - mars 2016


Pour en savoir plus :
Tour de France des transactions

Pour aller plus loin


En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d’intérêts.X
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...