23/09/2014 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..
La dispensation d’antibiotiques à l’unité par certaines pharmacies débutera en octobre. Les conditions de mise en œuvre de cette expérimentation et la liste des molécules concernées sont publiées(1) (voir encadré). Le but est de lutter contre le gaspillage, l’antibiorésistance et le mésusage lié en partie au stockage. Ce test, prévu sur trois ans(2), concerne 75 pharmacies volontaires auprès des Agences régionales de santé (ARS) des régions sélectionnées pour l’expérimentation : Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Limousin et Lorraine. Dans ces régions, 25 autres officines « témoins », tout en maintenant le mode de délivrance actuel, s’engagent à recueillir des consentements de patients et à fournir des informations à l’Inserm, l’organisme évaluateur médico-économique.

Une organisation à prévoir
Le but est de mesurer l’acceptabilité par les patients, et de chiffrer les écarts de volumes d’antibiotiques délivrés, les économies générées, ainsi que le temps et l’organisation requis en pharmacie. En pratique, les 75 officines « expérimentatrices » feront remplir au patient une « lettre de consentement ». Le nombre d’unités délivrées (comprimés, etc.) correspondra à la durée du traitement. Si besoin, elles seront déconditionnées, puis partiellement reconditionnées, accompagnées de leur notice et d’un papier blanc avec une quinzaine de mentions lisibles, compréhensibles et indélébiles : nom du patient, de la spécialité, etc. Les unités non délivrées seront conservées dans leur boîte initiale pour une prochaine délivrance. L’officinal calculera le prix à facturer avec une règle de trois. La franchise s’appliquera pour chaque boîte délivrée en totalité ou en partie. En contrepartie, les officines engagées percevront une rémunération (voir encadré).

La mesure fait débat
L’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) dénonce « un gâchis de l’utilisation des ressources de professionnels de santé », affectés « au comptage de comprimés » au détriment «du conseil» et « de l’accompagnement des patients chroniques et des personnes âgées ». Par ailleurs, certains points pratiques semblent avoir été oubliés, tels la nature de l’emballage de reconditionnement et la traçabilité des comprimés déconditionnés. « Que se passera-t-il si un patient en perd un ? », s’interroge une préparatrice de Sevran (93). « La mesure aura-t-elle un réel impact sur le gaspillage alors que les antibiotiques sont déjà conditionnés en petites quantités ? », se demande Nicole Cardinale, préparatrice en Haute-Savoie. Pour Christophe Magnoux, préparateur et enseignant, « les officinaux n’ont pas été assez questionnés quant à leurs besoins et l’expérimentation a été lancée un peu vite ». Le formateur y voit cependant « une excellente mission à confier aux préparateurs, une manipulation qui implique la mise en place de bonnes pratiques et une traçabilité ». Le bilan est prévu au plus tard le 31 juillet 2017.

(1) Journal officiel du 16 septembre 2014.
(2) Article 46 de la loi du 23 décembre 2013 de financement de la Sécurité sociale pour 2014. 

Encadré : La rémunération des officines
> Les « expérimentatrices » seront rémunérées 1 500 € maximum, avec un forfait de base de 500 € et un forfait supplémentaire dépendant du nombre de délivrances effectuées au cours du premier semestre (500 € pour au moins 100 délivrances, 400 € entre 80 et 99 ou 250 € pour 79 ou moins) et une autre part selon le nombre de délivrances au cours de la durée totale de l’expérimentation (500 € pour 200 ordonnances, 400 € entre 180 et 199 et 250 € pour 179 et moins).
> Les « témoins » percevront un forfait d’entrée de 150 € et un forfait supplémentaire du même montant, sous réserve de recueillir le consentement d’au moins 50 patients.

Encadré : Les antibiotiques délivrés à l’unité
Ce sont les formes orales sèches dont la présentation est adaptée à la délivrance à l’unité par les pharmacies d’officine (comprimés, gélules, sachets-dose) : l’amoxicilline-acide clavulanique (Augmentin), céfixime (Oroken), cefpodoxime (Orelox), céfotiam (Taketiam, Texodil), ciprofloxacine (Ciflox), lévofloxacine (Tavanic), ofloxacine (Oflocet), loméfloxacine (Logiflox, Decalogiflox), péfloxacine (Péflacine), moxifloxacine (Izilox), norfloxacine, énoxacine (Enoxor), fluméquine (Apurone), thiamphénicol (Thiophenicol).

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À lire dans Porphyre n°506 d’octobre 2014






Annabelle Alix

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