29/08/2014 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Reportage : Préparateurs « happy »

Ils sont discrets, consciencieux, passionnés... Ils aiment pratiquer avant tout. Pour les attirer, il faut leur parler concret. Les futurs préparateurs de Haute-Garonne sont motivés et leurs profs aussi. Reportage au CFA de Toulouse, qui nous a ouvert ses portes.
Bientôt 9?heures. Les apprentis préparateurs de Toulouse arpentent les couloirs du CFA dans le calme et la discrétion. Look sobre, un léger brouhaha, les silhouettes se rassemblent devant les portes des salles de cours. «?Les jeunes sont discrets mais sans être éteints, pointe Maïté Dartigues, professeur et pharmacien. Leur réserve et leur discipline reflètent l’attitude qu’ils doivent adopter en pharmacie?». Certains élèves sont très jeunes, d’autres moins, mais tous se sont fondus dans le moule du monde officinal. Dans les locaux du CFA, au détour d’un virage à quelques kilomètres du centre de la Ville rose, les apprentis semblent loin de la vie étudiante de leurs congénères en faculté de pharmacie. Eux sont déjà professionnels. Après les cours, ils repartiront aux quatre coins des Midi-Pyrénées. Certains embraieront sur une soirée de révision avant de terminer la semaine en officine. Un lourd programme, mais aucune angoisse ou stress ne se lit sur leurs visages. Un vent de légèreté flotte dans les couloirs… De l’ambiance feutrée du CFA de Toulouse émane une chaleur humaine, presque familiale. Peut-être parce que l’équipe d’encadrement –?enseignants et personnels administratifs?– se démène au quotidien pour accompagner au mieux ses apprentis et leur faciliter la vie. La motivation et la détermination des élèves font le reste.

Métier passion
«?Mon rêve de petite fille?? Devenir neurochirurgien?!?», lance Nazhia Derrar, au détour d’un couloir. Pressée d’exercer, avide de concret, cette jeune femme de 20?ans au caractère bien trempé a délaissé son rêve d’enfant sans regrets. Attirée par la biologie humaine et les travaux pratiques, elle a opté pour un bac STL (sciences et technologies de laboratoire). Au diable le bac?S (scientifique), ses mathématiques et matières théoriques qui lui auraient pourtant ouvert les portes de la faculté de médecine. Confiante, elle a suivi son élan du moment, puis découvert le métier de préparateur lors d’une visite en pharmacie. Bien renseignée, elle en a fait sa nouvelle vocation. «?Chez les plus jeunes, devenir préparateur était parfois un rêve d’enfant?», nous dévoile dans un sourire Christine Izambert. Malgré un emploi du temps chargé, la directrice du CFA toulousain suit le parcours des élèves avec attention. «?D’autres ont été séduits par un stage de classe de troisième réalisé en officine, observe Marie Pradel, préparatrice et professeur. C’est la fibre paramédicale, le goût du conseil et du contact qui dirigent la plupart d’entre eux vers la pharmacie?». Pratiquer au plus vite les rend friands de l’apprentissage.

Une planche de salut
Au son de la cloche, la foule se répartit dans les salles. Parmi les élèves, quelques visages ont dépassé le compteur des 18?ans. Tous ne sortent pas du bac. Certains adultes ont repris les études à l’issue d’un parcours professionnel plus ou moins long et parfois chaotique. Ceux-là perçoivent le métier de préparateur comme un salut et sont armés d’une motivation sans limite.
Assis au premier rang, Antoine Prieur, 23?ans, conte son histoire?: «?D’abord attiré par la gendarmerie pour aider la population, j’ai échoué au concours d’officier et suis entré en faculté de droit, tout en intégrant la gendarmerie comme volontaire. Je n’ai tenu que deux semaines, car le cadre trop strict de l’armée ne me convenait pas?». Successivement vendeur, puis professeur de tennis, c’est finalement sur le site de l’Onisep (1) qu’il découvre le métier de préparateur?: «?Je cherchais une formation courte dans la santé et en arrivant en BP, j’ai tout de suite adhéré?». À ses côtés, Anne-Marie N’Guyen, 50?ans, considère le BP comme un aboutissement?: «?Aide-opératoire en clinique depuis trente ans, je ne me voyais pas occuper ce poste jusqu’à la retraite. Je gérais aussi la traçabilité des dispositifs médicaux, j’ai ainsi découvert le métier de préparateur. Le BP ajoute à mon expérience de terrain des connaissances scientifiques. Cette profession me plaît beaucoup?».

Quelques déceptions
Si la blouse blanche n’a rien perdu de son pouvoir de séduction, le métier de préparateur n’est plus vraiment perçu comme un outil de promotion sociale. Bacheliers, voire diplômés de facultés (voir encadré p.?20), «?certains apprentis déchantent en découvrant leur futur salaire et des perspectives d’évolution limitées, nous glisse un formateur. Peu se renseignent sur ces réalités avant la formation, beaucoup les découvrent au travers d’échanges avec les collègues?». Ces aspects ne sont pas détaillés en cours et la prise de conscience tardive en démotive quelques-uns. Tout dépend en fait des intentions de départ…

(1) Office national d’information sur les enseignements et les professions (Onisep), établissement public sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale.

Encadré : Les apprentis en France (1)
Au 31 janvier 2013
> 7?900 jeunes étaient en formation au BP de préparateur en pharmacie, dont 90?% titulaires d’un bac
> Bac sciences et technologies de la santé et du social pour 29 %
> Bac scientifique pour 27?%
> Bac sciences et technologies de laboratoire pour 11?%
> Bac ES pour 8?%
> 81?% des élèves sont en contrat d’apprentissage et 15?% en contrat de professionnalisation

(1) Sources?: CPNEFP de la pharmacie d’officine, enquête jeunes en formation près des centres de formation au BP de préparateur, janvier 2013, et MEN/DEPB/ DCP/Degesco, résultats aux examens professionnels et technologiques, session 2012.

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À lire dans Porphyre n°505 de septembre 2014






Annabelle Alix

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