29/08/2014 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..
JE QUESTIONNE
Précisez la demande
« Avez-vous observé ces vers ? Où ? », « Comment se présentent-ils ? », « Votre enfant est-il en collectivité ? D’autres enfants de son entourage sont-ils touchés ? » permettent de vérifier qu’il s’agit bien d’une demande liée à des parasites.

Vérifiez certains critères
« Quels sont les symptômes ? Depuis quand ? Sont-il accompagnés de fièvre, de diarrhées, d’un amaigrissement, d’une perte d’appétit ? Votre enfant a-t-il voyagé à l’étranger récemment ? Avez-vous déjà essayé un traitement ? »

J’EVALUE
Les parasites intestinaux sont des protozoaires (une seule cellule) comme les giardia ou les amibes, ou des vers ronds ou plats (helminthes) type oxyure, ascaris ou tænia.

L’oxyurose
Seule l’oxyurose, parasitose très fréquente chez l’enfant (voir contexte) est du ressort officinal. Les vers femelles blanchâtres de 1 cm de long peuvent être visibles à l’œil nu au niveau de la marge de l’anus. L’affection est fréquemment asymptomatique. Quand il existe, le signe clinique principal est un prurit anal à prédominance nocturne (réveils, cauchemars, sommeil agité), voire des lésions de grattage. Chez la petite fille, des démangeaisons vulvaires sont possibles. L’enfant, fatigué notamment par le manque de sommeil, peut être irritable, agité. Les signes digestifs, douleurs abdominales, diarrhées, sont inconstants. L’association au bruxisme nocturne (grincement de dents) est souvent avancée, mais non prouvée. Exceptionnellement, les oxyures sont mis en évidence après appendicite.

Autres parasitoses intestinales
> La giardiose, due à Giardia intestinalis, est également répandue chez les enfants – et chez les animaux –, plus fréquemment dans les régions chaudes et humides, mais aussi tempérées, notamment dans les crèches, où la transmission s’effectue par l’intermédiaire des mains ou des objets contaminés. Elle peut être asymptomatique ou générer des diarrhées aiguës ou chroniques. Le diagnostic nécessite une consultation et un examen parasitologique des selles. Le traitement repose sur les nitro-imidazolés, métronidazole (Flagyl) ou albendazole (Zentel), uniquement disponibles sur ordonnance.

> L’ascaridiose et l’amibiase sont possibles, mais plus fréquentes dans les pays en voie de développement. L’infestation s’accompagne en général de signes digestifs (diarrhées, douleurs abdominales), de fièvre, d’un amaigrissement, voire d’une toux sèche (ascaridiose). Le tænia saginata (« ver solitaire », tænia le plus répandu en France), contracté par ingestion de viande bovine ou porcine mal cuite, est limité dans l’Hexagone grâce aux contrôles vétérinaires. Des anneaux (segments de ver) sont parfois visibles dans les selles.

Quand consulter ?
Orienter vers le médecin si : fièvre, amaigrissement, diarrhées, inefficacité d’un traitement précédent bien conduit, retour d’un voyage à l’étranger, doute du diagnostic. Le médecin pratiquera alors le « Scotch test » (prélèvement via un ruban adhésif à la marge de l’anus le matin au réveil) pour confirmer au microscope la présence d’œufs invisibles à l’œil nu. Attention : certains parents associent systématiquement troubles comportementaux et vers intestinaux, même en l’absence d’autres symptômes. Or, ils peuvent révéler d’autres affections qui, si elles perdurent, nécessitent un avis médical.…


Encadré : Le contexte
Les oxyures ou Enterobius vermicularis sont des vers ronds (nématodes), blanchâtres, de 5 mm de long (mâles) à 1 cm (femelles). Ils sont présents partout dans le monde, mais plus fréquemment dans les régions où le niveau d’hygiène est bas. L’oxyurose est une parasitose intestinale humaine très contagieuse et très répandue chez les enfants.
La contamination se fait par l’ingestion, voire l’inhalation d’œufs de parasites présents dans le milieu extérieur (draps, objets ou sol). La recontamination est fréquente par portage à la bouche de doigts souillés après grattage anal.
Le cycle parasitaire : après ingestion, les œufs embryonnés deviennent larves, puis adultes en deux à quatre semaines dans l’intestin grêle au niveau de la région cæco-appendiculaire. Seules les femelles gravides migrent vers l’anus et franchissent le sphincter anal, où elles pondent environ 10 000 œufs sur le pourtour anal avant de mourir, généralement le soir, d’où le prurit nocturne. Les œufs, très résistants, peuvent vivre deux semaines en dehors de l’hôte.

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À lire dans Porphyre n°505 de septembre 2014





Anne-Gaëlle Harlaut

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