17/03/2016 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Pascal Brossard (AFIPA) : « Le conseil en pharmacie n’est pas suffisamment formalisé»

Président de l'Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (AFIPA), Pascal Brossard a présenté un manifeste en faveur du selfcare le 15 mars. Il s'en explique au Moniteur des pharmacies et revient également sur la stratégie contestée des marques ombrelles développée par certains laboratoires.
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Le Moniteur des pharmacies : pourquoi avoir publié ce manifeste ?

Dans la perspective des présidentielles de 2017, l’AFIPA a souhaité adresser un signe fort au gouvernement et à toutes les équipes de campagne qui aujourd’hui se mettent en place, afin qu’une nouvelle stratégie de santé puisse donner au selfcare et à l’automédication la place qui leur revient et en faire la première étape du parcours de soins pour les pathologies bénignes.

La prise en charge des frais de santé est une préoccupation rarement évoquée dans les débats politiques et électoraux et, sous couvert de considérations purement politiciennes, les pouvoirs publics menacent l’organisation de notre système de soins et l’essor d’un marché qui représente pourtant une alternative sûre et crédible aux enjeux économiques actuels.

Dans ses recommandations, l’AFIPA s’appuie sur les résultats d’une enquête Ipsos en regard croisé patients/médecins sur l’automédication. Quels sont les enseignements forts à retenir de cette étude ?

Cette enquête montre que tous les voyants sont au vert. Les patients et les médecins sont prêts pour un développement accru et rapide du selfcare. Par ailleurs, 79 % des Français interrogés estiment que notre système de santé est en danger et qu’il est nécessaire de le réformer. Et 60 % sont prêts à accepter une prise en charge individuelle de leurs dépenses de santé pour des troubles bénins. Du côté des médecins, plus d’un généraliste sur deux est favorable à l’automédication pour des troubles bénins. Ils considèrent aussi que 16 % de leurs consultations pourraient être traitées en automédication. Ils voient également dans l’automédication un moyen de désengorger leur cabinet (59 % des suffrages), mais aussi de se recentrer sur des problèmes de santé plus lourds (63 %). Aussi se disent-ils prêts à accompagner leurs patients dans une démarche d’automédication en leur expliquant en consultation quels médicaments sans ordonnance ils pourraient prendre à l’avenir.

Que révèle la nouvelle étude économique réalisée par la société de sondage OpenHealth pour l’AFIPA ?

Cette étude indique que 1,5 milliard d'euros d’économies potentielles pourraient être réalisées chaque année en suivant nos préconisations, soit 986 millions d'euros au niveau des remboursements de médicaments et 551 millions d'euros au niveau des consultations médicales. Il y a trois ans, nous arrivions déjà à cette estimation avec une méthodologie d’étude différente.

Dans vos propositions, vous parlez de protocoliser le conseil du pharmacien…

Le conseil en pharmacie n’est pas suffisamment formalisé. Le protocoliser permettrait d’avoir des réponses plus professionnelles et plus homogènes entre les officines. Cela pourrait se faire au moyen d’arbres de décision et de référentiels à faire valider par la Haute Autorité de santé. Plusieurs référentiels sont déjà prêts sur la conduite à tenir en cas d’œil rouge, de cystite, de diarrhée… Pour continuer cette démarche, nous nous appuyons déjà sur des groupes de travail avec des pharmaciens.

Dernièrement, Federgy, syndicat des groupements et enseignes et l’USPO, syndicat de pharmaciens titulaires, s’en sont pris à la stratégie des marques ombrelles de certains de vos adhérents. Que leur répondez-vous ?

L’AFIPA est favorable au développement des marques ombrelles car c’est la seule solution possible pour développer le marché de l'automédication. Ce dernier est trop faible en chiffre d’affaires pour permettre à un laboratoire de communiquer sur plusieurs marques. Aujourd’hui, tout le monde nous tombe dessus mais c’est une grande hypocrisie. Jusqu’ici, aucune marque de laboratoire pharmaceutique n’est présente dans un autre circuit. Ensuite, il faut regarder le problème des marques dans leur ensemble. Les marques génériques et les marques de distributeurs développées par les groupements, qui communiquent également, ne sont rien d’autre que des marques ombrelles. Enfin, pour les pharmaciens d’officine, le problème se pose en termes de risque pour le monopole, alors que pour l’ANSM*, il s’agit d’éviter la confusion ainsi induite par le nom de marque pour des produits de nature et de composition différente. A cet effet, nous travaillons avec nos adhérents sur une meilleure hiérarchie des informations présentes sur les packagings pour éviter tout risque de confusion pour les patients.

*Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.





Propos recueillis par François Pouzaud

Les dernières réactions

  • 17/03/2016 à 16:12
    Nigivir78
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    la publicité sur les médicaments est un frein au conseil : les clients amenés par la pub sont difficiles à orienter vers un médicament adapté à leur pathologie qui serait différent de celui qu'ils ont vu à la télévision ou autre support
  • 17/03/2016 à 18:41
    ppp
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    Ben voyons protocoliser le conseil.
    C'est à dire décérébrer le pharmacien, pour qu'il diffuse la bonne parole du laboratoire.
    Le pharmacien est une profession libérale, qui a ce titre, apporte son expertise.
    Et qui pour cela fait un choix dans les différents produits présentés, ce qui déplait fortement à certains laboratoires, dont la politique commerciale, est fortement critiquée.
  • 17/03/2016 à 19:19
    Jean-Patrice Folco, Pharmacien titulaire
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    Personnellement je ne fais pas de distinction dans mon discours pour une dispensation sur une demande, un conseil ou une prescription.
    Nous expliquer que le conseil en pharmacie n'est pas suffisamment formalisé et que nous serions plus professionnel en le protocolisant revient à dire que le conseil pourrait être différent pour une diarrhée selon que le lopéramide soit prescrit ou conseillé et qu'un professionnel de santé libéral ne pourrait donc pas personnaliser son mode d'exercice.
    Tant que les médicaments à PMF seront majoritairement remboursables l'automédication ne pourra pas être la première étape du parcours de soin. Pour développer l'automédication il faut donc dérembourser tous les médicaments à PMF comme dans l'ensemble de l'Europe, tenant compte que ce déremboursement apportera un surplus économique grâce à la hausse des prix qui suivra.
    Actuellement 80% des parts de marché de l'automédication sont détenues par environ 10% des pharmacies.

  • 18/03/2016 à 10:31
    cf
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    Les "arbres de décision et de référentiels" permettront à l'AFIPA de se passer du pharmacien et de vendre leurs derniers produits de PUB (marque ombrelle et dispositifs médicaments) en quantité.(Produits à prix d'achat fabricants scandaleusement élevés , bien sûr). L'AFIPA se fout de la sécu , des pharmaciens et des patients et leur hypocrisie est à la hauteur de leur mercantilisme.... L'Ordre des pharmaciens devrait intervenir plus énergiquement contre ces marques ombrelles destinées à la grande distribution dans un avenir proche, but à peine voilé des propos de l'AFIPA..
  • 18/03/2016 à 11:34
    imothep
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    donc j'ai un bobo, je vais sur le site Xmédoc et je pose mes problèmes....sauf qu'il s'agit d'un questionnaire avec des entrées limitées en introduction, donc déjà limité (faut pas rêver, il faut vendre et ne pas perdre de temps) ensuite des questions sans doute de symptomatologie ou semiologie, sans doute épurée, parce que si on veut être précis et ne rien oublier ce serait trop long et le client décrocherait pour vois un site où ils posent moins de questions et vendent tout de suite. Ne rêvons pas, un questionnaire ne remplacera pas le "pif" d'un praticien qui va voir une rougeur ou une attitude qui va trahir autre chose que la machine ne verra jamais, ou pas assez vite avant de lasser.
  • 18/03/2016 à 12:24
    *141
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    L'AFIPA n'a pas realisé que nous sommes confrontés souvent a des casseurs de prix.Les seuls (vrais) medicaments qui permettent de bloquer ces concurents doivent etre 1)efficaces et 2) moins chers que ceux des casseurs.Etant a coté d'une Lafayette,nous donnons donc des medic. a Presc.Med.Facultative(en precisant que c'est ceux qu'il y a sur les ordo.) et qu'ils sont moins chers que les medic,oh pardon,dispositifs 3F (Formule Faiblement Favorable).Ceci dans le cas d'un conseil.
    Et l'AFIFA n'a pas realisé non plus a quel point est ancré dans les cervelles le principe"je paye,je veux etre remboursé".Donc "j'appelle sos medecins" en grande ville ,avant d'aller faire le tiers payant (j'paye pas) . EH OUI LA SECU S EST PIEGEE EN REPENDANT LE TIERS PAYANT-(j'paye pas) CES DERNIERES 30 ANNEES-
  • 18/03/2016 à 15:25
    cf
    alerter
    L'afipa préfère travailler seulement avec 10% des pharmacies qui solderont leurs produits de PUB.. Ces discounters ont une politique absolument cohérente avec l'afipa , vendre des quantités énormes de médicaments à des patients devenus de simples consommateurs.... Le problème de l'afipa est donc de savoir comment détruire cette majorité de pharmaciens qui ne jouent par leur jeu, ou comment les mettre au pas..../ "arbres de décisions et de référentiels " basés sur les médicaments les plus chers et rentables pour l'industrie pharmaceutique :le non remboursable et la gogothérapie...
  • 18/03/2016 à 19:43
    *141
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    Si les 90% des petites pharmacies qui sont autour et proches des rois de la promo suivent une tactique commune (conseil avec du remboursé pas cher, commentaires sur les VRAIS medicaments) elles etoufferont le style "pharmacie a cadeaux bonux" (qui a souvent de gros frais fixes a couvrir tous les mois) Il faut en parler confraternellement si on est cncerné.
  • 21/03/2016 à 11:24
    homéobis
    alerter
    à *141 , la sécu n'a pas demandé le tiers payant pharmaceutique , c'est les syndicats pharamceutiques majoritaires de l'époque qui l'ont demandés et qui en faisaient la pub sur leur vitrine (ici , on rase gratis , vous ne payez rien ) parce qu'ils ont eu peur de la politique des pharmacies mutualistes qui s'implantaient avec l'avènement de Mitterand . la saisie à la source voilà comment la sécu s'est vue soulagé d'un travail gracieusement , donc râlez auprès de vos instances pas de la sécu . il faut connaître son histoire professionnel avant d'annoncer .
  • 21/03/2016 à 17:40
    *141
    alerter
    j'ai 40 ans de metier,et j'etais au premieres loges lors de l'ouverture de la pharmacie mutualiste du Havre (Seine Maritime où il y en avait deja 6 ou 7). La Secu a 1) reussi a arreter le paiement par CB qui commencait a s'implanter dans les Pyrennees Alantiques,et qui etait une excellente solution pour nous ,pour les assurés ,et qui en intercallant le Groupement de la Carte Babcaire entre la Secu et nous,nous en protegeait - 2)La Secu a ensuite menacé les tres nombreux officinaux opposés au tiers payant de faire du conventionnement individuel,puis d'envoyer la liste des conventionnés aux assurés,si les recalcitrants ne voulaient pas cautionner la future suconsommation et continuaient a refuser le "j'paye pas".Pendant ce temps la,le Ministre menacait d ouvrir des pharmacies mutualistes partout Je connais mon histoire professionnelle,je l'ai vecue.Et maintenant, je reprend l'idee de Terra Nova, de creer une complementaire vendue par la Secu ,comme tout le monde a l'air de pouvoir le faire (mutuelles,banques,assurances,)Mais ces petits parasites ne veulent pas d'un tel poids lourd dans leur petit bizness si lucratif.

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