04/02/2015 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Transfert de compétences, délégation de tâches, tout le monde en parle mais quand il s’agit de passer à l’action… C’est donc certainement avec la jeune génération que la coopération professionnelle trouvera son salut.

Invités ce mercredi 4 février par le cabinet de conseil Nile à s’exprimer sur leurs aspirations, les futurs professionnels de santé ont fait montre d’un esprit délibérément collaboratif. A commencer par Sébastien Foucher, président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) pour qui « le « Travaillons ensemble» est un enjeu majeur ». Annonçant qu’il était favorable à la vaccination par les pharmaciens, Sébastien Foucher a cependant précisé qu’à ses yeux, la future loi de santé allait gérer par trop petites touches le sujet du transfert de compétences . « Il faut aller plus loin aujourd’hui, il faut tout réécrire. En l’état actuel des choses, si on accorde aux pharmaciens le droit de vacciner, il va falloir encore attendre cinq ans pour avancer vers une prochaine étape ».

Le président de l’ANEMF pointe également du doigt des freins financiers : « Aujourd’hui, le système finance globalement bien voire très bien les petites structures et les très grosses structures hospitalières mais beaucoup moins les structures intermédiaires. On cite souvent en exemple les maisons de santé mais combien sont en difficulté financière ? Or, si nous n’aspirons pas forcément à exercer en cabinet isolé, pour autant nous souhaitons un minimum de sécurité professionnelle »

David Ruczal, président de l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF) reconnaît qu’en matière de maisons de santé « il y a tout à faire ». Mais il précise tout de même que c’est aussi une concrétisation de l’interprofessionnalité. Lui pointe du doigt une autre carence : « Pendant leurs études, les pharmaciens apprennent à devenir des libéraux doublés de professionnels de santé de terrain. Mais ce qui pose le plus de problème aujourd’hui, c’est la coordination entre la ville et l’hôpital. Voyez déjà ce qui se passe avec la 5e année hospitalo-universitaire : on ne sait pas ce que l’on attend de nous, étudiants en pharmacie, quand on débarque à l’hôpital ».

Finalement les étudiants en médecine ressentent un peu le phénomène contraire, lequel pourrait expliquer la désaffection de l’exercice de ville. « Au fond, on ne découvre pas la pratique ambulatoire pendant nos études. Notre formation est hospitalocentrée. D’ailleurs, aujourd’hui, accueillir un étudiant en médecine dans un cabinet, c’est compliqué, on ne sait rien faire ! », lance Sébastien Foucher.

Quant à la PACES (Première année commune aux études de santé), on pourrait l’imaginer comme facilitatrice du réflexe « interpro », mais dans les faits, « la PACES met une pression énorme qui rend indifférent à ce qui se passe autour de soi tant chacun est concentré sur le concours », explique le futur médecin.

« Ne me pique pas mon job ! »
Doriane Coudurier, vice-présidente de la FNESI (Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers), fait tout de même remarquer que le but de l’interprofessionnalité n’est pas de « prendre leurs compétences aux autres professionnels de santé, mais de déployer des compétences intermédiaires ».

Sébastien Foucher concède que le transfert de compétences est un sujet de discorde au sein même des différentes générations de médecins. « Certains syndicats professionnels y voient non seulement un bouleversement de leurs relations avec d’autres professionnels mais aussi une menace pour leur rémunération, note-t-il. A l’ANEMF nous avons une vision différente. La place du médecin n’est sans doute pas d’être au centre de tout. Dessiner le transfert de compétences, c’est redéfinir ce qu’est notre cœur de compétences et ce qui constitue au fil du temps une agrégation de tâches qui n’a plus beaucoup de sens et peut même finir par coûter cher au système. »

« Apprendre à travailler ensemble cela permet aussi de mieux utiliser les compétences des autres professionnels de santé. L’interprofessionnalité est nécessaire pour prendre en charge des patients dans la bienveillance et arrêter de penser seulement à nous », résume d’une phrase Clémence Durand-Tonnerre, présidente de l’Association nationale des étudiants sages-femmes (ANESF).






Laurent Lefort

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