14/01/2015 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..
L’expérimentation sur la dispensation des antibiotiques à l’unité a débuté au cours de la première quinzaine du mois de décembre dans 100 officines réparties au sein des 4 régions sélectionnées (Ile-de-France, Limousin, Lorraine et Provence-Alpes-Côte d’Azur).

En Lorraine, Monique Durand, présidente de l’Ordre régional des pharmaciens, a inclus une quinzaine de patients en un mois. Cela fait peu. « D’abord, la liste des antibiotiques concernés ne comprend pas l’amoxicilline, qui est souvent prescrite seule. Ensuite, il faut recueillir le consentement du patient, lequel n’est pas forcément celui qui vient chercher les médicaments. »

La pharmacienne note que dans de nombreux cas, le déconditionnement ne sert à rien puisque les boîtes sont adaptées aux durées de traitement. D’ores et déjà, elle a demandé à son éditeur de logiciel de faire inscrire le nombre d’unités délivrées en regard du nombre de boîtes afin d’homogénéiser la facturation et la commande.

Eric Myon, secrétaire général du syndicat UNPF et expérimentateur à Paris, souligne les insuffisances des évaluations prévues dans le protocole. Il estime d’ores et déjà qu’aucune conclusion significative ne pourra être tirée de cette expérimentation tant sur le plan de la consommation réelle d’antibiotiques, l’observance des traitements et la modification de la charge de travail à l’officine.

« Il faut 7 à 10 minutes pour recueillir le consentement du patient, préparer, expliquer et facturer le traitement », estime Eric Myon.

Concernant les économies attendues pour la collectivité, « on ne peut pas en parler sans intégrer la façon dont le pharmacien sera dédommagé pour le temps passé à déconditionner », indique le représentant syndical.

L’expérimentation inclut 100 pharmacies, soit 75 expérimentatrices et 15 témoins. Elles ont été sélectionnées pour être représentatives de différents types d’exercice officinal : zones urbaines et rurales, centres commerciaux, etc. En Ile-de-France, les pharmaciens équipés pour la préparation des doses à administrer (PDA) n’ont pas été inclus dans l’expérimentation. Les Agences régionales de santé (ARS) refusent de communiquer le nom des pharmaciens participants afin qu’ils ne s’influencent pas.

L’expérimentation sur la dispensation des antibiotiques à l’unité est une disposition du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2014 et a été lancée par la ministre de la Santé Marisol Touraine alors que les officinaux se dressaient contre la dérégulation de la pharmacie, à l’automne dernier, au point d’apparaître comme une monnaie d’échange avec le gouvernement pour épargner aux officines une remise en cause profonde de leur mode de fonctionnement.








Matthieu Vandendriessche

Les dernières réactions

  • 14/01/2015 à 19:39
    pharmacien
    alerter
    si vous m aviez demandé avant de faire cette ...
    les conclusions les connaissaient
  • 14/01/2015 à 20:29
    robibi
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    Le plus malheureux : les conclusions 'factuelles' de l'expérimentation seront faussées... pour plaire à MST et se coucher devant elle qui pourra ainsi pérorer à l'assemblée et devant les medias : "j'ai réussi à faire baisser la consommation!, j'ai fait des économies !"
    La ficelle est trop grosse
  • 15/01/2015 à 07:21
    souris
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    Encore une étude, que le simple bon sens, aurait pu éviter. Mais le bon sens et la politique, sont incompatibles.
  • 15/01/2015 à 18:31
    MONIQUE DURAND, Pharmacien titulaire
    alerter
    Petite précision pour clarifier mes propos : j'ai demandé à mon éditeur de logiciel qu'en proposition de commande, la quantité à commander soit également exprimée en nombre de boites et non pas seulement en unités.
    Monique Durand
  • 15/01/2015 à 18:39
    mvdd
    alerter
    Merci Madame Durand pour votre lecture attentive et votre souci de clarification.
    Vous retrouverez certaines autres informations provenant de votre expérience dans notre numéro à paraître samedi prochain.

    Bonne soirée à tous,

    Matthieu Vandendriessche
    Le Moniteur des pharmacies
  • 16/01/2015 à 17:11
    14
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    Etant donné que le medicament ne represente que 8% du budget total de la secu,et que la delivrance a l unité apportera une economie de 1% de ces 8%,on en est donc a 0.08%- HUIT DIX MILLIEMMES du budget de la secu .Grandiose!
    Quand a la vraie cause de ces images de gens qui ramenent des boites peu utilisées devant les cameras,c'est qu'ils decident d'arreter leur traitement au bout de 36 heures" parce que ca va mieux",alors que le medecin avait prescrit 5 jours.Qu'on leur donne 12 gelules dans un sac ou dans une boite,ils continueront a negliger l'observance.Mais nous,nous aurons encore été assez betes pour rajouter du chronophage au chronophage.... a budget constant,bien evidemment.
  • 22/01/2015 à 14:46
    Pauline
    alerter
    Bonjour, je suis étudiante en 6ème année de pharmacie et je prépare ma thèse sur ce sujet mais il m'est très difficile de recueillir des informations. En effet, je pensais pouvoir entrer en contact avec les pharmacies test mais je n'ai pas accès à la liste des expérimentateurs.
    Peut-être pourriez vous m'aider?

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