24/07/2014 | Le Moniteur des pharmacies.fr ..

Loi Montebourg : concertation en cours avec la profession

Les trois syndicats de pharmaciens sont reçus tour à tour, cet été, au cabinet du ministre de l’Economie, Arnaud Montebourg. Ce dernier veut entendre ce qu'ils ont à dire, alors qu’il prépare une loi visant à réformer les professions réglementées.

Le ministère de l’Economie, du redressement productif et du numérique multiplie les rendez-vous avec les syndicats de pharmaciens, dans la perspective d’une réforme des professions réglementées. Celle-ci sera introduite dans la future loi sur la croissance et le pouvoir d’achat, qui doit être présentée à la fin de l’été par le ministre Arnaud Montebourg.

Le président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), Gilles Bonnefond, a été reçu mardi 22 juillet, pour la seconde fois dans ce cadre, par les services de Bercy. Il leur a rappelé que « la ligne rouge à ne pas franchir, c’est de considérer qu’il y a les médicaments qui restent en pharmacie et les autres. » Concernant l’objection sur le prix des médicaments, Gilles Bonnefond a rappelé qu’ils sont en France parmi les moins chers d'Europe. « Cependant, nous voulons pouvoir mieux négocier. Il faut permettre la rétrocession entre pharmaciens. C’était d’ailleurs une préconisation de l’Autorité de la concurrence », a t-il plaidé auprès des représentants d’Arnaud Montebourg.

Pour Gilles Bonnefond, la répartition démo-géographique des officines existe pour permettre l’égal accès au médicament sur le territoire, pas pour protéger les pharmaciens. Il se dit prêt à discuter sur des incitations fiscales permettant une restructuration du réseau. « Pour les zones en surdensité d’officines, on ne peut pas demander de restructurer en faisant des efforts d’un côté et de mettre le médicament en GMS de l’autre côté. »

Le président de l’USPO a réitéré son opposition à l’ouverture du capital des officines à des non pharmaciens. « A ce jour, tout comme l’ouverture du monopole, Bruxelles ne le demande pas », a t-il rappelé. Gilles Bonnefond a insisté sur la nécessité d’équiper les officines en matériel de télémédecine, permettant aux médecins d’évaluer une situation d’urgence à distance ou d’effectuer le suivi d’un patient chronique dans les zones qui le nécessitent. « Ce sujet les intéresse », a t-il relevé, lui permettant de montrer que les pharmaciens ne sont pas « une profession de rentiers qui ne bouge pas ».

Sur ces différents points, le plaidoyer de Gilles Bonnefond se rapproche des arguments déployés à son tour courant juillet par l’Union nationale des pharmacies de France (UNPF) à Bercy. Le syndicat avait demandé la mise en place d’incitations fiscales pour les regroupements d’officines et la possibilité de pratiquer des rétrocessions. L’UNPF avait insisté sur le fait que « les pharmaciens ne défendaient pas un monopole de situation, mais bien un monopole d’exercice lié à l’utilisation particulière des médicaments ».

La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) doit être reçue par le cabinet d’Arnaud Montebourg mardi 29 juillet.







Matthieu Vandendriessche

Les dernières réactions

  • 24/07/2014 à 22:04
    Anonyme
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    Monsieur Gilles Bonnefond évoque ici un prétendu égal et approprié accès au service pharmaceutique pour tous comme moyen de défense mais, dans le même temps ses syndicats refusent de reconnaître la norme communautaire issue de la jurisprudence CJUE n° C-367-12 du 13 février 2014 qui oblige les autorités françaises à appliquer des critères dérogatoires pour l'installation de pharmacies en zone rurale. Paradoxe ou opportunité...
  • 24/07/2014 à 22:14
    Anonyme
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    fric, incitations fiscales, opposition à l'ouverture du capital... où est l'intérêt du patient ?
  • 25/07/2014 à 08:34
    Anonyme
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    Je proposerai au gouvernement pour diminuer les dépenses de ss de revoir les règles permettant la prise en charge médicale complète de personnes trop nombreuses provenant d'autres pays( Europe ou autre) n'ayant jamais travaillées en France et donc cotisées et demanderait a l'état de régler les sommes dues à la SS. Afin d'évaluer le réel déficit de la SS.
    Pourquoi ne pas limiter aussi le nombre annuel de visites de Docteur remboursées par patient .
  • 25/07/2014 à 08:50
    Anonyme
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    l'aveuglement de la FSPF pourrait bien nous provoquer une nouvelle catastrophe.
  • 25/07/2014 à 12:17
    Anonyme
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    Tous ces syndicats négocient en fait pour la suppression des petites officines..
  • 25/07/2014 à 15:31
    Jeum37
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    Pour une fois, les arguments des syndicats ne sont pas mauvais. Il serait intéressant que le cabinet du ministre daigne aussi rencontrer la présidente du conseil de l'Ordre (qui, pour une fois, là aussi, nous apporte des arguments solides pour défendre notre profession).
    Mais il est surtout essentiel de ne pas simplement tenter de se défendre comme on s'excuse d'être fautif: il faut demander une revalorisation de la rémunération, des exonérations de charges, un élargissement de nos missions (avec rémunération supplémentaire), etc.
    Et si l'on veut se mettre la profession médicale à dos, on pourrait proposer aussi d'imposer un quorum d'installation aux médecins (voire aux kiné, infirmières, orthophonistes, etc.). On aiderait ainsi les pharmacies en zones sous-médicalisées.
    Si l'on se contente d'attendre qu'on nous tape dessus pour demander que les coups soient moins brutaux, on ne fera que subir les restrictions budgétaires, année après année. Il faut réclamer plus que ce qu'on a (comme le font si bien les fonctionnaires, les médecins, les contrôleurs aériens, la SNCM, etc.) ou nous finirons broyés à réclamer d'être salariés de chaînes pour espérer vivre de notre métier !

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